Axes de recherches d’AMUP

L’actuelle architecture de l’AMUP s’organise de la manière suivante : trois axes “historiques” renouvelés, suite à des ateliers collectifs sous la responsabilité de binômes.


Les trois axes de l’AMUP entrent en dialogue sous le prisme de deux thématiques transversales - “Enjeux environnementaux” et “Culture du projet” - qui fédèrent l’ensemble des chercheurs de l’unité de recherche.
Ces thématiques offrent des espaces propices au dialogue, notamment en vue des séminaires du laboratoire qu’il convient de renforcer.
 

  • Axe 1 : Conception architecturale, approche sensible et ingénierie des ambiances dans la ville soutenable

    Responsable(s) :

    Les recherches menées dans cet axe privilégient la notion d’ambiance dans ce qu’elle engage comme renouvellement des rapports entre recherche et pratique, entre forme et fonction, entre espace conçu et espace vécu, en traitant à la fois de données techniques, sensibles, sociales et esthétiques. 

    L’enjeu de la transition écologique structure les approches des différentes disciplines représentées dans cet axe.  

    Les chercheurs proches des sciences de l’ingénieur visent à développer une modélisation architecturale, constructive ou technique pour, d’une part, réduire la consommation énergétique des bâtiments et pour, d’autre part, favoriser l’intégration de la transition écologique lors de la conception. La question des ambiances lumineuses et des îlots de chaleur fait notamment l’objet de développements expérimentaux grâce au simulateur de soleil et ciel artificiel du “laboratoire lumière”. 

    Quant aux chercheurs proches des sciences sociales, ils s’interrogent sur les liens entre les configurations spatiales et la sensibilité humaine. Du point de vue théorique, ils questionnent ce que cette approche sensible de l’architecture change dans les manières de penser, représenter, percevoir et concevoir les espaces construits. Du point de vue expérimental, ils explorent avec les praticiens de l’architecture et des arts plastiques et vivants la conception de dispositifs de connaissance pour aller à la rencontre des urbanités inexplorées, orphelines ou décriées. 

    Les chercheurs sont particulièrement attentifs aux transferts de connaissances et de technologies, que ce soit entre les milieux de la recherche et du professionnel, mais aussi dans le cadre de la pédagogie. Leur objectif est de mettre l’accent sur la complémentarité, l’interaction et l’adéquation entre les diverses compétences investies aujourd’hui dans la réalisation du projet d’architecture.  

  • Axe 2 : Métropolisation, Territorialisation, Projets de Transition

    Responsable(s) :
    Barbara MOROVICH

    Le processus de métropolisation demeure au cœur de l’axe 2 en relation étroite avec l’historicité de cette dynamique. Il sera questionné en parallèle, en miroir ou couplé avec le processus de (Re)Territorialisation, non pas comme des processus qui s’opposent nécessairement, mais comme des dynamiques contemporaines qui évoluent en s’hybridant.  
     
    L’axe 2 se projette dans cet espace dialectique, ambivalent et dialogique dont procèdent la métropolisation et les dynamiques de (re)territorialisation. Qu’il s’agisse d’exodes métropolitains choisis ou contraints, de flux symboliques davantage que de flux physiques, ces mobilités croisent des migrations relayées à d’autres échelles, consécutivement à des crises et des guerres. Le travail sur les marges, les interstices demeure crucial à titre de signaux faibles qui annoncent des reconfigurations, des résistances, des sursauts, etc. et luttent contre, s’opposent, négocient ou rusent avec cette force qui tend à niveler.  
    Nous y trouverons tous les travaux qui se consacrent notamment aux voix dans la ville, à l’art urbain, à toutes ces expressions fugaces, éphémères, mais non nécessairement mineures.  
    Cet axe est également le lieu d’enquête pour décrypter les processus de (re)territorialisation en gestation, et questionner la manière dont ils transforment les métropoles et leur projet mais également leur potentiel de réorganisation des territoires urbains et ruraux pour les préparer face aux changements climatiques. 

    Sur le plan des pratiques de conception architecturale, urbaine, paysagère, l’évolution des grandes métropoles montre que les territoires sont davantage configurés par les dynamiques de flux (personnes, matières, capitaux, informations, etc.) et les processus multi-décisionnels complexes et accélérés qui les sous-tendent, plutôt qu’à travers les logiques de planification traditionnelles. Cela appelle à reconsidérer les modes d’analyse et de conception du projet architectural/urbain/paysager/territorial et à redéfinir les métiers et les horizons de sens des champs disciplinaires de la conception spatiale ; voire à s’intéresser davantage aux externalités négatives d’un modèle de développement de plus en plus clivant (disparités croissantes des richesses, pollution(s), appauvrissement de la biodiversité, perte de cohérence territoriale, etc.). 

    Cet axe ouvre, enfin, un champ d’investigation sur la question du projet spatial - de l’échelle architecturale aux échelles urbaines et territoriales - et la manière dont elle prend en compte ces processus évolutifs. Cela concerne à la fois la transition de la pensée projectuelle elle-même, dans ses théories et modes opératoires (quels changements de posture, d’outils, de catégories conceptuelles – entre projet urbain / métropolitain / territorialiste / bio-régionaliste, etc. ?), mais aussi les sens que prennent aujourd’hui les projets de transition. Quelles spécificités dans leurs approches et méthodes de conception, leurs pédagogies, leurs jeux d’acteurs, modes de gouvernance, horizons d’attente, etc. ? 
    Parmi ces possibles, figurent les pratiques de projet qui tentent d’apprivoiser ces processus au profit de figures humanistes (urbanités, civilités, etc.) qui persistent comme des phares hérités de Lumières et de la modernité sous l’angle de la civilisation.

  • Axe 3 : Acteurs et dynamiques patrimoniales : expériences et transferts

    Responsable(s) :

    L’axe thématique réunit les enseignants-chercheurs de l’unité AMUP qui interrogent, dans une perspective interdisciplinaire et de longue durée, les expériences et les acteurs qui ont contribué à façonner les formes spatiales et sociales des villes et des territoires, s’intéressant aux notions de « patrimoine », « transfert » et « interférences ». 
     
    Transferts culturels et circulations des savoirs  
    L’espace transfrontalier auquel appartiennent Strasbourg et sa région justifie et renforce l’approche par les transferts culturels développés par certaines recherches récentes et en cours sur la construction et la circulation des savoirs en architecture et en urbanisme. Les trajectoires d’acteurs professionnels analysées à partir de ces notions montrent l’utilité d’étudier la construction des disciplines du projet (architecture, urbanisme, paysage) comme le résultat de croisement et de partage d’expériences. Les supports et les lieux de ces échanges (revues, expositions, congrès) constituent d’autres objets enquêtés. Les membres de cet axe s’appliquent à questionner les notions dominant la scène universitaire et, sur la base de recherches de terrain (histoire, processus de production de la ville et de l’architecture, rapport entre idéologies, expertises et sphères de gouvernance à différentes échelles) à proposer des approches évitant les visions mécanistes de la circulation des savoirs urbains et architecturaux. 
     
    Patrimoine(s) matériel(s) et culturel(s)  
    D’autres enseignants-chercheurs explorent la notion de patrimoine(s) matériel(s) et immatériel(s), à travers des recherches sur la prise en compte de l’héritage de la ville ancienne, historique, héritée ou interprétée dans un enchevêtrement des temporalités et historicités, dans les transformations urbaines récentes et contemporaines ou à travers des travaux sur les patrimoines culturels immatériels. Le rôle que l’héritage du passé a joué dans la construction des théories urbanistiques au cours du XIXe et XXe siècles est aujourd’hui questionné sous un jour nouveau, avec la volonté de revisiter et reformuler dans un contexte nouveau les travaux pionniers des années 1980 et 1990 proposés par les premières figures de cet « urbanisme patrimonial », en mettant aujourd’hui en avant des sources et des expériences françaises et étrangères moins connues. Surtout, le lien dans la recherche entre théorisation et recherche de terrain est l’objet de constantes réflexions méthodologiques et notionnelles. 
     
    Interférences et adaptations  
    Cet aspect, s’appuyant sur l’expérience de divers membres de l’équipe, vient analyser tant les narrations existantes du changement urbain et architectural que les dynamiques contemporaines. Il s’agit de développer une approche confrontant les terrains de recherche à un cadre d’analyse dynamique, intégrant la prégnance des contextes particuliers sur les situations locales, la complexité des processus de changement urbain et architectural, ainsi que sur la dimension plurielle des déterminants dans les processus de décision. Insistant sur l’adaptation, les chercheurs de l’axe s’intéressent à la manière avec laquelle les sociétés urbaines ont intégré (par le haut d’une manière institutionnelle ou normative et par le bas par le biais des revendications, résistances et mouvements sociaux et à l’interaction négociée entre ces deux perspectives), les urgences à l’adaptation (géopolitique, économique, écologique, sociale). 

  • Thématique transversale "Enjeux environnementaux"

    ► Méthodologies de la transversalité et de l’interdisciplinarité  
    ► Réflexion critique et réflexive 
    ► Sciences, techniques et sociétés 
     

    Cette thématique s’est concentrée sur la formulation d’interrogations susceptibles de structurer un des séminaires fédérateurs du laboratoire. Outre l’intérêt fédérateur, ce séminaire travaille la porosité entre différentes cultures scientifiques et d’action (projets architecturaux, urbains et de paysage, projets d’ingénieurs, ingénierie sociale et critique sociale etc.). Ce travail perpétuel étant un des garants de l’interdisciplinarité au sein de notre unité de recherche. La traduction spatiale de la soutenabilité figure parmi les grands enjeux que se donne l’unité de recherche en termes d’investigation tant théorique que méthodologique. Elle s’enrichit également d’une réflexion consacrée à la territorialisation comme espace transcendant la rhétorique strictement spatiale au sens d’une catégorie kantienne.  
     
    La richesse des disciplines et des approches se retrouve au niveau des méthodes mises en œuvre dans les travaux de recherche. Comment composer avec cette diversité au sein de projets communs et pour quels apports du point de vue de la reconnaissance sociale et politique des enjeux environnementaux et la transition écologique ? L’unité de recherche se propose d’investiguer et d’expérimenter plus particulièrement les méthodes et outils conceptuels permettant de préciser la traduction spatiale de la soutenabilité au sens de la modernisation écologique, du développement durable et de la transition écologique. 
     
    Les sémantiques destinées à accompagner la reconnaissance des enjeux environnementaux et la transformation sociale figurent comme des “idées régulatrices” qui se sont invitées à toutes les échelles de projets, de la conception à la réalisation. L’unité de recherche se propose de poursuivre les travaux critiques et réflexifs menés jusqu’ici au sein de l’équipe et de les intensifier sous différents angles, notamment sous celui de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage, mais aussi en raison de leur prolifération (modernisation écologique, développement durable, transition énergétique et écologique, slow cities) et des retours d’expérience qui s’imposent. Parmi les questions motrices de cette thématique figurent une lecture dialectique consacrée aux tensions qui résultent des jeux d’acteurs (disciplines STA-SHS d’une part, et acteurs institutionnels et associatifs d’autre part). 
     
    Se saisir de ces réflexions et expérimentations pour co-concevoir différents outils et dispositifs ajustés à des situations typiques (éco-quartier, espaces publics, tiers-lieux, etc.) et leurs publics. Offrir des prises permettant une meilleure lisibilité aux transitions et enjeux environnementaux. Participer à une définition plus inclusive de la transition comme mode alternatif qui se traduit dans les rapports sociaux et dans l’espace. 

  • Thématique transversale "approches, méthodes, projet"

    ► La recherche par le projet 
    ► La visibilité et la spécificité de la recherche en architecture 

    ► La recherche en collaboration avec la pratique en agence

    Cette thématique transversale propose de rendre visible la recherche en architecture et la complexité de cette « discipline », autour de ces trois points d’entrée. 

    Il y a différentes manières de penser la dialectique entre recherche et projet : par, sur ou avec notamment. Le projet est à la fois un mode de pensée, une posture de création et d’interférence avec le réel et le déploiement d’un processus professionnel, économique et social. Toutes ces dimensions peuvent fonder le socle d’une méthode de recherche plaçant le projet non pas seulement en tant qu’objet observé et analysé mais aussi en tant que processus parcouru dont le déroulé fournit des éléments propices tant à la réflexion théorique qu’à la formulation de postures d’action sur la société, la matérialité de la ville et de l’urbanisme et surtout toutes les sphères de mutuelle communication entre les deux. La recherche devient ainsi une autre manière de faire projet et vice-versa : une recherche permettant une dialectique avec les pratiques professionnelles contemporaines qui permettent la conception de projet. La discipline architecturale a défini des outils qui lui sont propres – comme le dessin - et qui peuvent devenir des outils de production de connaissance. Le projet devient ainsi l’outil de la connaissance. Il convient ainsi de valoriser les outils qui permettent de créer des passerelles entre les champs disciplinaires.

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